LE NOUVEAU BENIN

Présidentielle 2011: Pourquoi ils ont peur de la Lepi

Source: L'Option Infos du 19.11.2009

Au fur et à mesure qu'on s'approche des élections présidentielles et législatives de mars 2011, on se rend compte aisément que l'opposition politique béninoise ne veut pas de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi). Elle semble décider à faire retarder le processus afin de perpétuer la fraude électorale dans le pays.

Mardi dernier, les leaders de l'Union fait la Nation(UN) étaient face à la presse dans un somptueux hôtel de Cotonou, Benin Marina Hôtel. Me Adrien Houngbédji du Prd, Antoine Idji Kolawolé du Madep, Bruno Amoussou du Psd, Georges Bada de la Rb, Lazare Sèhouéto de Force Clé et autres se sont prononcés sur la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), un processus engagé notamment pour les joutes électorales de mars 2011.

Officiellement, cet aréopage de personnalités du G4 et de Force clé n'ont pas exigé l'arrêt ou le requiem du processus de sécurisation du fichier électoral national. Elles ont critiqué la gestion de la Commission politique de supervision de la Lepi et les nombreux cas de viols des textes réglementant cette réforme.

Elles n'ont pas eu le courage d'aller jusqu'au bout, c'est-à-dire tirer, à leur niveau, les conclusions qui s'imposent à leurs observations. Des recoupements faits sur les lieux de la conférence de presse, il ressort que l'opposition est en train de faire comprendre que si les choses devraient continuer ainsi, elle risque de prendre ses responsabilités, en quittant la Cps-Lepi. «Qui veut tuer son chien l'accuse de rage», dit-on. Lentement mais sûrement, elle est en train de préparer psychologiquement les Béninois à rejeter la Lepi.

Et cela ne peut en être autrement lorsqu'on sait que cette réforme électorale ne l'arrange pas du tout, puisqu'elle est habituée à un archaïque système artisanal. Le blocage du processus est donc une manœuvre politicienne pour perpétuer la fraude électorale au Bénin. Peur légitime Les élections sont des opérations très complexes et souvent mal organisées au Bénin.

Elles constituent des virus à hauts risques pour le pays. Les cacophonies électorales observées depuis le renouveau démocratique sont les conséquences directes de l'absence d'une Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi). Face aux enjeux électoraux de 2011, ce système reste la seule voie du salut. Mais l'opposition panique et grogne au point où on a l'impression que quelle que soit la volonté manifeste du pouvoir central de gagner ce pari, elle va toujours trouver à dire.

Alors que grâce à la Lepi, la fiabilité et la transparence des élections deviennent une réalité patente, puisque les marges réservées à d'éventuelles fraudes sont infiniment petites. L'apurement de la liste électorale à la veille de chaque scrutin devient plus facile. Les inscriptions d'électeurs fictifs ou même décédés, qui constituent les moyens de fraude les plus utilisés dans le pays, seront indubitablement maîtrisées dans leur quasi-totalité. En réalité, la Lépi constitue une étape déterminante dans la création d'une base de données biométriques pour la modernisation du fichier général des électeurs.

Mieux, chaque citoyen majeur pourra disposer d'une carte d'électeur biométrique comportant sa photo et son empreinte digitale qui sont des références infalsifiables. Des pays comme le Togo, le Burkina Faso et le Bengladesh ont déjà expérimenté avec succès ce système. Au Burkina Faso, par exemple, on parle de Système Informatisé de Gestion du Processus Electoral (Sygape).

La Lepi est alors un logiciel hautement sécurisé qui est fermé et n'est accessible qu'aux personnes habilitées à accéder aux bases de données, et ce pour éviter la manipulation du fichier électoral par des individus aux intentions malveillantes. Les fraudeurs ne peuvent plus agir comme ils en avaient l'habitude. C'est d'ailleurs pourquoi ils s'inquiètent et font feu de tout bois pour faire retarder inutilement les choses. La réalisation de la Lepi est donc une peur légitime pour les leaders des G et F. Car la transparence électorale n'arrange pas forcément tout le monde.

Léonce Houngbadji



19/11/2009
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